Le Manuel de la Grande Transition bientôt publié

Le Manuel de la Grande Transition sort en librairie mi-octobre 2020. Une version numérique sera disponible sur le site du Campus de la Transition.

Il est le fruit du travail du collectif « FORTES ». Un collectif né suite à une demande du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, il y a un an. La Ministre avait mandaté le Campus de la Transition pour piloter l’élaboration d’un livre blanc sur l’Enseignement supérieur à l’heure de la transition écologique et sociale. Un livre blanc souhaité pour servir d’outil efficace au service de l’évolution réelle et concrète d’un enseignement supérieur qui fera face aux bouleversements actuels. Un an plus tard, il est prêt pour la publication.

Le Manuel de la Grande Transition présentera les apports de toutes les disciplines en un socle unique de connaissances et de compétences organisé selon une dynamique de mise en transition. Les apports seront ainsi amenés à travers six grandes portes. Six champs complémentaires d’un questionnement provoqué par le bouleversement en cours de notre milieu de vie. Six portes qui ouvrent chaque fois sur un passage à l’action.

Il sera utilisable par tous les publics, enseignants comme étudiants. Avec son parcours libre en 6 portes, il ne proposera pas le plan de cours d’un nouvel enseignement qui s’ajoutera aux autres. Il ne passera pas en revue chaque discipline pour en proposer successivement des mises à jour. Plus qu’aucun autre, le défi de la grande transition a besoin de cohérence systémique et de mise en action.

La « Grande Transition »

Dans la théorie des systèmes, le terme de « Grande Transition » désigne un processus de transformation au cours duquel un système passe d’un régime d’équilibre dynamique à un autre. Dans le contexte écologique et social, parler de transition consiste donc à chercher à passer d’une situation contemporaine marquée par des trajectoires insoutenables à un état des sociétés caractérisé par la soutenabilité et l’équité, vis-à-vis des générations présentes comme des générations futures.

Derrière tous ces objectifs qui sont devant nous, de multiples questions se posent : comment assurer ces passages à partir de réalités marquées par le réchauffement climatique, la destruction du vivant, la pauvreté, les inégalités, les conflits pour l’appropriation de ressources, les incertitudes ?

La Grande Transition est donc systémique : à la fois écologique, sociale, économique, culturelle, politique, citoyenne…et elle se veut également « juste ».

Le Manuel de la Grande Transition veut accompagner les acteurs de l’enseignement supérieur, de l’éducation et de la société civile dans cette transformation en leur fournissant des outils théoriques et pratiques innovants et applicables dans leur futur quotidien professionnel et personnel.

Chiffres clés du projet

  • 13 groupes de travail thématiques
  • 70 enseignants-chercheurs, experts et étudiants
  • 1 Manuel Socle commun
  • 6 portes
  • 12 volumes disciplinaires
  • 1 an de travail collaboratif
  • Sortie en librairie le 14 octobre 2020

Un parcours en 6 portes

Le manuel veut donc donner à chacun et chacune des clés d’analyse : il s’agit de comprendre pour agir, de former pour transformer. Dans un langage clair et accessible, tous les lecteurs disposeront de contenus et de méthode directement utilisables pour leur enseignement ou leur apprentissage personnel.

Les questions en jeu doivent pouvoir croiser les parcours de chaque étudiant, qu’il ou elle soit en langues, en arts plastiques, en science de gestion ou en mécanique des fluides, en littérature ou en droit, en sociologie ou en école d’infirmier.

D’où l’idée de 6 portes à traverser, en ordre libre. Chaque porte a reçu un nom grec et une description commençant par un verbe qui  exprime le mieux la mise en action. « Oikos » (qui signifie maison en grec), habiter un monde commun. « Ethos » (comportement), discerner et décider pour bien vivre ensemble. « Logos » (parole), discerner et décider pour bien vivre ensemble. « Nomos » (loi), mesurer, réguler et gouverner. « Praxis » (action), agir à la hauteur des enjeux. « Dynamis » (force), se reconnecter à soi, aux autres et à la nature.

6 portes qui permettent de ne manquer aucune des bonnes questions à se poser face aux défis de la grande transition. Savoir, savoir-être et savoir-agir s’y complètent et s’y enrichissent mutuellement dans une dynamique globale, intégrant la pédagogie ‘cœur-corps-tête’ mise en œuvre au Campus de la transition depuis sa création : 6 portes qui ouvrent sur l’action.

Il s’agira « d’outils » mis à disposition de chacun, adaptables à chaque contexte et chaque profil. Les interfaces seront standardisées de telle sorte qu’elles pourront être utilisées en tenant compte de la problématique à traiter (un peu comme des briques de Lego). Un enseignement, quel qu’il soit, ayant ouvert ces six portes, aura  abordé l’ensemble des enjeux de la grande transition de manière cohérente.

Le Manuel de la Grande Transition, un outil concret pour se construire un socle de connaissances, de compétences, et de savoir-être nécessaires à la transition écologique et sociale.

Les coordinateurs de l’ouvrage

Rassemblant un groupe de plus de 70 enseignants-chercheurs, experts et étudiants, quatre pilotes ont coordonné l’élaboration collaborative du Manuel de la grande transition.

Cécile Renouard

Cécile Renouard est présidente et co-fondatrice du Campus de la Transition. Elle est professeur de philosophie au Centre Sèvres et enseigne à l’École des Mines de Paris, à l’ESSEC et à Sciences Po. Elle dirige le programme de recherche « CODEV – Entreprise et développement », de l’Institut ESSEC Iréné, où elle étudie la mise en œuvre par les acteurs privés de leurs responsabilités éthiques et politiques. Elle est l’auteur de : La Responsabilité éthique des multinationales (PUF, 2007), Un Monde possible (Seuil, 2008), 20 Propositions pour réformer le capitalisme (dirigé avec Gaël Giraud, Flammarion, 2009, 2e édition 2012), Michael Walzer ou l’art libéral du civisme (Temps Présent, 2010), Le Facteur 12. Pourquoi il faut plafonner les revenus (avec Gaël Giraud, Carnets Nord, 2012, 2017), Ethique et entreprise, (Ed. de l’Atelier, 2013, poche 2015), L’entreprise au défi du climat (avec Frédéric Baule et Xavier Becquey, Ed. de l’Atelier, 2015), L’entreprise comme commun (avec Swann Bommier, Editions Charles-Leopold Mayer, 2018). Elle est membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot et a été administratrice de l’Agence Française de Développement (2014-2017).

Rémi Beau est chercheur postdoctoral en philosophie à l’université de Bourgogne. Spécialiste de philosophie de l’environnement, il travaille sur les notions d’écocentrisme, de perfectionnisme moral et sur les liens entre l’éthique environnementale et l’écologie politique. Il a publié en 2017 un ouvrage intitulé Éthique de la nature ordinaire. Recherches philosophiques dans les champs, les friches et les jardins (Paris, Éditions de la Sorbonne) et co-dirigé en 2018, avec Catherine Larrère, l’ouvrage collectif Penser l’Anthropocène (Paris, Presses de Sciences Po).

Christophe Goupil est professeur à l’université de Paris. Physicien de formation et cofondateur du Laboratoire Interdisciplinaire des Énergies de Demain (UMR826), il développe une recherche centrée sur les questions de conversion thermodynamique de l’énergie. Ses activités de recherche et d’enseignement se situent au confluent des communautés des biologistes, des médecins et des économistes. il a rejoint le campus de la transition en 2018 où il assure les fonctions de conseiller scientifique.

Christian Koenig a rejoint le Campus de la Transition au terme d’une longue carrière à l’ESSEC, où il a été professeur, directeur de la Grande École, fondateur et directeur de l’ESSEC à Singapour, directeur du programme de BBA et enfin directeur des affaires internationales. Ses recherches ont porté notamment sur les coopérations inter-entreprises. Il a été également directeur exécutif du Council on Business and Society et est secrétaire général du Club France Initiative.

A la table des sciences de l’ingénieur, lors de la première session de travail des membres du collectif « FORTES » en décembre 2019.

La genèse du Manuel de la Grande Transition

La transition écologique et sociale est un défi inédit posé aux générations actuelles et futures. Préserver notre planète et le vivant sous toutes ses formes impose un nouveau paradigme : une manière de penser le monde et d’agir radicalement différente.

Or, durant l’année 2019, plusieurs initiatives ont mis en lumière l’insuffisance des enseignements dans le supérieur sur les sujets de la transition écologique et sociale. En signant la pétition proposée par The Shift Project, la société civile exprimait cette conviction. De leur côté, de nombreux étudiants rejoignaient le Manifeste pour un réveil écologique.

En été 2019, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a mandaté le Campus pour la production d’un livre blanc sur la formation à la transition dans l’enseignement supérieur.

Aussitôt s’est constitué pour la première fois sur ce thème un collectif de plus 70 enseignants-chercheurs et étudiants de toutes les disciplines, ainsi que d’experts et d’acteurs de l’entreprise, prêts à relever ce défi sous la conduite du Campus de la Transition. Le collectif « FORTES » est né pour promouvoir la FORmation à la Transition écologique et sociale dans l’Enseignement Supérieur.

Les membres du collectif sont issus d’une grande variété de domaines (environnement, sciences du vivant, biologique ou physique, économie, droit, gestion, philosophie, santé, sociologie, sciences politiques). La grande transition ne concerne pas simplement l’environnement ou l’économie, comme il est coutume de le penser, mais le cœur même de nos représentations, et donc tous les domaines du savoir.

En un an de travail collaboratif, 13 groupes de travail ont développé les muscles d’un squelette commun. Ils mettent au monde le Manuel de la Grande Transition. Une prouesse que les quatre pilotes, eux-mêmes, ne s’expliquent pas !

« Le savoir collectif est bien plus grand que la somme des savoirs individuels. »

Mark Swilling, Sustainability Institute, Afrique du Sud

Le rôle du Campus de la Transition

La production de cet ouvrage collectif s’intègre pleinement dans les missions du Campus de la Transition. Ce dernier est né en 2018 pour que soit abordé dans la sphère de l’enseignement supérieur le sujet de la transition écologique et sociale. Il a assuré le pilotage de l’élaboration du livre blanc et a porté le plaidoyer du collectif national pour une refondation de l’enseignement supérieur.

Une session de travail en images

Cliquer sur les photos pour en découvrir la légende.

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