Conseil Académique au Campus de la Transition

Les 5 et 6 juillet dernier, le Campus a accueilli les membres de son conseil académique pour une réunion annuelle à Forges. Le Campus voyait s’achever une année de projets, d’expérimentations et de premières réussites pédagogiques. Une trentaine de participants sont venus, amis du projet et intervenants lors des formations.

 

Deux jours ensemble pour faire le bilan et se projeter

Une intuition commune est devenue réalité

Cartographie de ce qui a été fait en 2018-19

 

 

Deux jours ensemble pour faire le bilan et se projeter

Par Pierre-Jean Cottalorda

 

L’objectif du conseil académique était triple :

  • Apprendre à se connaître et tisser un lien de convivialité et de fraternité, notamment entre celles et ceux qui ne se connaissaient pas encore,
  • Débriefer l’année passée et ses premiers succès,
  • Se projeter dans l’année académique à venir.

 

Conseil académique, juillet 2019.
Conseil académique à Forges, juillet 2019. Pierre-Jean Cottalorda est responsable des formations académiques au sein du Campus de la Transition.

 

La première journée a été consacrée à la relecture des quatre grands types d’activités proposés par le campus. Après un temps de célébration de tout le travail effectué et de l’engouement suscité, nous avons pu faire une analyse critique, en petit groupe, de chacune des propositions. Les enseignements sont nombreux et devraient permettre de bien capitaliser sur l’expérience acquise afin d’affiner les propositions.

Que ce soient pour les formations courtes de type Centrale ou ESSEC (3 à 4 jours en immersion pour une vingtaine d’étudiants), les formations de professeurs (comme avec la FNEGE), les formations type certificat telles le T-Camp ou les journées de conférences des Rencontres de Forges, le Campus a chaque fois été un lieu de mise à l’écart, d’immersion et d’approfondissement riches, parfois transformant, des enjeux de la transition écologique, sociale et solidaire. Il reste naturellement des espaces d’amélioration, du côté de la structuration de certaines propositions, ou encore du suivi des anciens, afin que l’appropriation des contenus appris se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Un foisonnement d’idées et d’énergie

La seconde journée a donné lieu à une exploration foisonnante d’idées et d’énergies pour l’année à venir. Il ne sera pas évident de les réaliser toutes aussi vite que souhaité, mais le message est bien passé et nous comptons bien plancher sur des formations professionnelles, des formations d’élus ou de militants d’ONG, voire sur des séminaires de chercheurs !

Jean-Philippe Poupard et Louise Browaeys, facilitateurs professionnels et amis du campus, ont grandement contribué à l’animation des deux journées. De fait, les trois objectifs fixés ont été largement atteints. Fort de la richesse des rencontres et d’une intelligence collective bouillonnante, le Campus est prêt à « forger à la vitesse supérieure », et ce, dès la rentrée prochaine !

Tous les participants sont vivement remerciés. Ils ont rendez-vous l’an prochain, avec encore plus d’idées et de bonne humeur ! ♦

 

Le Conseil académique 2019 – diaporama

 

Une intuition commune est devenue réalité

Cécile Renouard, portrait.

Par Cécile Renouard
Présidente du Campus de la Transition

 

Cette première année d’existence a vu la spécificité du Campus prendre une forme concrète, à travers les enseignements qui y ont été dispensés.

La base line de notre logo : « économie, écologie, humanisme », s’avère être bien présente dans les enseignements du Campus, dont on peut redéfinir ainsi les contours :

  • C’est un lieu de formation, de recherche et d’expérimentation autour de ce que certains nomment « la grande transition », pour la différencier de transitions sectorielles comme la transition énergétique par exemple.
  • La grande transition est une transformation systémique qui engage toute notre existence.
  • L’économie est à repenser dans sa globalité et dans ses finalités, au regard des enjeux écologiques.
  • Le Campus veut être radical mais pas marginal, il empoigne les questions concrètes et complexes, avec le souci de proposer des solutions.
  • L’enseignement est interdisciplinaire, holistique et intègre la philosophie, l’éthique et la dimension spirituelle de l’existence.
  • Il adopte une pédagogie « tête-corps-coeur », pour gérer les impacts émotionnels des diagnostics inquiétants.
  • L’inscription dans un lieu de nature et sur le territoire de Montereau permet d’ancrer les étudiants dans des lieux, des territoires et des filières professionnelles, afin qu’ils ne pensent pas « hors sol », mais deviennent acteurs avec d’autres, au sein de systèmes complexes.
  • C’est un lieu de vie où il est possible de regarder ces énormes défis de la transition en expérimentant quelque chose d’heureux et de solidaire. Il veut ouvrir au maximum nos capacités d’action en nous permettant d’expérimenter qu’il y a des modes de vie simples et cohérents qui donnent envie de vivre et de faire émerger des horizons désirables.

A nouveaux enjeux, nouvelles méthodes

Entre autre méthode, le campus enseigne et s’applique à lui-même la méthode des 3 horizons : « H1-H2-H3 », mise en œuvre par l’ancien directeur de recherche de HP, Bill Sharpe. Cette méthode permet de dessiner un parcours pour prendre à bras-le-corps les contraintes du changement :

  • H1 décrit la posture du manager qui doit gérer le ‘business as usual’. Appliquée à nos formations, cet horizon est celui du regard critique sur nos manières habituelles de fonctionner, et engage une attitude réflexive, pour décaler notre regard, dans une meilleure appréhension de la complexité.
  • H3 cherche à préciser les contours de ce vers quoi nous voulons nous diriger, à travers l’élaboration de récits collectifs. En termes de formation, il s’agit de l’apprentissage de méthodes qui font appels aux arts et aux humanités, à l’imagination et à la créativité.
  • H2 décrit les chemins, les trajectoires possibles pour aller de H1 à H3. Avec la question importante : sont ils H2- ou H2+ ? Est-ce une manière de changer pour que rien ne change ?  Ou le pas envisagé, si petit soit-il, permet-il d’avancer vers une trajectoire transformatrice ?

Une question pour nous-même : est-ce que les cursus qu’on envisage au Campus sont suffisamment forts pour emmener les personnes vers les changements systémiques de la grande transformation qu’il nous faut faire ?

D’où l’importance de décoller de la manière habituelle de faire et de percevoir, de décloisonner les savoirs et les métiers, de se déplacer physiquement, intellectuellement et émotionnellement. Au Campus cela se traduit aussi par le fait que nous sommes un lieu de « recherche-action-expérimentation », notamment sur le plan des contenus et de la façon de les enseigner.

Une reconnaissance croissante

Nous avons été reçus par le directeur de cabinet de Mme la Ministre de l’Enseignement Supérieur et la Ministre elle-même. Il nous a été demandé de faire des propositions pour former et accueillir des « têtes de pont » de différentes fonctions décisives de l’Université, afin d’accompagner le changement des cursus universitaires en y intégrant les enjeux de la transition. Cela montre que le Campus, qui n’est pas encore une institution universitaire officiellement reconnue comme telle, commence à être identifié comme un lieu crédible de recherche et d’innovation pour l’enseignement supérieur. ♦

 

 

Cartographie de ce qui a été fait en 2018-2019

Pierre-Jean Cottalorda, portrait.
Par Pierre-Jean Cottalorda
Responsable des formations académiques

 

3 types de formations

 

  • Formation de formateurs,
  • Formations étudiantes courtes et délocalisées en immersion à Forges,
  • Formations étudiantes plus longues, type T-Camp (8 semaines).

 

Historique des formations dispensées l’année universitaire écoulée 2018-2019

 

  • 30 juin 2018, installation d’une communauté à Forges
  • Fin sept 2018 : formation de formateurs Montpellier MUSE, école de recherche-action sur controverse à partir d’un cas pratique de la viticulture
  • 10 novembre : 1 ères Rencontres de Forges
  • Début décembre : 1ère formation proprement académique délocalisée 20 étudiants de Centrales
  • Début décembre : formation FNEGE à Paris
  • Janvier 2019: cours délocalisé avec l’Ecole des Ponts
  • Mars : 2èmes Rencontres de Forges
  • Avril – mai :

• T Camp 2 mois
• formation FNEGE, deuxième partie
• ESSEC, 4 jours de cours délocalisé

  • Juin : 3èmes Rencontres de Forges.

Toutes ces formations et ces événements sont reconduits l’année prochaine.

 

Partenariats

 

Des partenariats sont en cours d’élaboration

  • Avec les Mines pour septembre 2019, avril et mars 2020.
  • Avec Sciences Po, un format expérimental pilote : 2 jours d’immersion à Forges, le cours de Cécile Renouard et fin mai une semaine en immersion.
    L’idée est de capitaliser pour proposer à terme un parcours de 3 ans de type Master
  • Projets en cours avec les ICAM  et l’ESCP.
  • A partir de l’été prochain, des summer schools : ESSEC, et étudiants internationaux.
  • Janvier 2020 : session de mi-année du Centre Sèvres.

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