Conseil académique des 24 et 25 juin 2022

La communauté scientifique FORTES, auteure du Manuel de la Grande Transition et des Petits Manuels de la Grande Transition a eu plaisir à se retrouver lors du conseil académique des 24 et 25 juin 2022.

Au programme

Vendredi

  • Un démarrage par des exercices Tête-Corps-Coeur en lien avec la pédagogie du Campus
  • Un temps d’échange autour des actualités du Campus tant en terme de formation que de recherche
  • Une table ronde sur « L’ancrage des Campus sur leur territoire » donnait la parole à Véronique Malé, DGS Grenoble INP ;  Aurélien Acquier – professeur ESCP ; Célia Brange et Elisabeth Dubuget – Communauté de communes du pays de Montereau ; Samuel Aubin – directeur du collège des transitions sociétales (Nantes).

Samedi

Après un traditionnel « mot du matin », 3 ateliers de réflexion étaient proposés : 

Puis l’après-midi : ateliers permaculture ou Qoya

Le conseil académique s’est réjoui des nombreux projets d’actualités du Campus. Il a insisté sur :

  1. L’importance d’accompagner la  transformation d’établissements académiques : de sensibiliser les DGS et les équipes des universités pour favoriser une transformation à venir ainsi que, accompagner ceux qui portent ces questions de Transition et sont souvent seuls, « bousculer sans renverser », inspirer.
  2. L’importance de faire bouger les contenus académiques. Stratégie d’action : structurer des équipes et des espaces organisationnels multidisciplinaires et systémiques, amener le bon niveau de radicalité, faire des mini-Camps à l’intérieur des organisations.
  3. Sortir des silos disciplinaires. Enjeu de donner à voir des pratiques nouvelles : mise en  visibilité des expérimentations et lien pour les entreprises, analyse des métiers et besoins en formations.
  4. En rester à un niveau général systémique et s’appuyer sur des compétences complémentaires pour des sujets très techniques.
  5. Accueillir au Campus des chercheurs en résidence, sur un modèle différent des résidences habituelles. Le Campus peut favoriser l’insistance sur la notion de commun (dans les communs), la sobriété, l’accueil de jeunes chercheurs et post-docs.

Retour sur la table ronde 

La table ronde avait pour objet de réfléchir à la question du rapport aux territoires des campus.

Aurélien Acquier : Enseignant-chercheur ESCP

Avec six campus en Europe, (Londres, Berlin, Turin, Madrid…), l’ESCP offre une expérience européenne aux étudiants en plus du campus historique de l’école à Paris (créé en 1817). Les étudiants gravitent entre les différents campus, ce qui peut sembler génial. En même temps, une grande schizophrénie est ressentie car cela favorise des dynamiques « hors sol ». Il y a une tendance structurelle au « désencastrement » dans les grandes écoles de commerce, sur deux plans : socio-culturel et cognitif. La normalisation internationale demande une interopérabilité des contenus. La grande part des cours est enseignée de la même manière quelque soit le pays, entraînant une normalisation sur les contenus. Les enjeux d’autonomie financière des écoles sont importants : les frais de scolarité ont été multipliés par 2 en quelques années (12 000 euros l’année), avec un enjeu majeur de diversité socioculturelle. Les étudiants manquent d’une inscription sur un territoire avec la mobilité permanente. Enfin le COVID a amené un désencastrement cognitif. Il y a un enjeu à donner connaissance aux étudiants de la complexité des réalités sur le territoire où ils se trouvent. Nous avons mis en place des expériences : les étudiants travaillent par exemple sur un territoire donné en  imaginant des scénarios à l’horizon 2030 en lien avec les enjeux de transition écologique. On se rend compte que les étudiants ont une très faible connaissance du paysage institutionnel français. Un autre exemple : un partenariat avec la mairie du 11e arrondissement avec la volonté d’aider les acteurs municipaux dans leur travail donc double apprentissage. C’est très intéressant. Il y a aussi le projet d’ouvrir l’école à des publics du voisinage à travers un événement.

Véronique Malé : Grenoble INP

Elle a insisté sur l’histoire territoriale qui est forte à Grenoble : c’est un territoire où de part sa configuration les gens se rencontrent très facilement. L’innovation technologique et sociale s’épanouit car les acteurs se rencontrent et se connaissent. L’enseignement supérieur a évolué avec les politiques de site et toutes les reconfigurations afférentes, liées à la compétition internationale (IDEX). Sur la partie recherche, avec les financements IDEX, il y a eu tout de suite l’idée de lancer des projets transverses aux sciences sociales et dures sur des sujets sociétaux. C’est grâce à ces financements que ces actions ont pu se faire et ont favorisé le lien entre les laboratoires. Il y a aussi une « tradition récente » de hackathons sur les territoires avec des sujets concrets sur lesquels les étudiants apportent des propositions. Il y a des maillages avec le territoire à travers la restauration, la nourriture avec les AMAP par exemple, y compris au sein des campus. Au-delà des difficultés politiques entre collectivités, il y a un engagement fort que ce soit au sein de la société civile ou du côté des entreprises sur la question des transitions. La question du comment reste en débat. Cette année, Grenoble est capitale verte. Elle a ouvert de nombreux espaces pour ces questions de transition écologique qui a favorisé l’inter-croisement entre l’université et son territoire, avec énormément d’initiatives. Donc à la fois territoire et monde scientifique sont engagés. Dans les Alpes les enjeux du réchauffement climatique sont palpables et visibles, cela contribue à l’engagement des personnes.

Samuel Aubin : Collège des transitions sociétales

L’école Mines Atlantique est l’un des partenaires du collège. Plusieurs hypothèses fondent notre travail :

  • modes de vie : il ne s’agit pas seulement d’initier des changements techniques
  • territorialisation : la Transition doit se dérouler sur les territoires
  • la coopération entre acteurs publics et société civile est fondamentale

Le programme est né là-dessus en 2015. Depuis 2021, le collège s’engage dans un projet de déploiement d’action-recherche sur l’ensemble des territoires du Pays de la Loire.

Action-recherche : en somme, démarche expérimentale / Formations / Conférences.

On part du principe que les pratiques inscrites dans des systèmes sociaux et techniques sont territorialisées. Il y a un travail de reformulation de ce cadre d’analyse pour aboutir à un cadre d’action approprié par les acteurs. Pour pouvoir travailler à l’échelle d’une communauté de commune, cela suppose de partir sur des chantiers concrets, avec des communautés d’acteurs identifiés qui vont pouvoir agir sur des projets donnés. Donc tout un travail avec les élus et les services du territoire. Cela suppose aussi d’embarquer plusieurs échelles territoriales : embarquer la région, l’échelle départementale, etc. car sinon on ne comprend rien de ce qui se joue.

Stratégie de créer une communauté d’acteurs sur le territoire qui leur permette de monter des projets ensemble. Et là, un projet de formation sur les transitions à l’échelle de la région.

Elisabeth Dubujet et Célia Brange : communauté de communes de Montereau

21 communes et 42 000 habitants. C’est un territoire peu dense avec un taux de chômage élevé, avec une croissance démographique soutenue et des revenus très bas. C’est un territoire historiquement industriel, mais en perte de vitesse.

Quelles sont les pistes de collaboration avec le Campus ?

  • Objectif de zéro artificialisation net : aujourd’hui personne ne sait comment prendre la chose et la rendre compatible avec le développement économique.
  • Mobilité.
  • Recherche en termes de comptabilité environnementale pour rendre quantifiables et appréhendables les services rendus par les services territoriaux.
  • Vrai enjeu d’arriver à trouver un angle d’attaque pour adresser les différents niveaux de l’action territoriale, agents publics et élus.
  • Projets de développement solaire : le Campus pourrait faire du lien avec des travaux en place (même si aujourd’hui on est encore aux stade très amont de montage de projet).
  • Mettre en réseaux des entreprises via le Campus et la CCPM : permettre et favoriser du lien en tant que facilitateur/ agrégateur.

Des échanges fertiles

La discussion a été très riche et quelques points saillant en sont ressortis :

  1. Est-ce que la ruralité ne serait pas aujourd’hui le nouvel « étranger » ? Finalement cette mobilité internationale qu’on vend aux étudiants est peu dépaysante : être à Tokyo, New York ou Paris peut être moins dépaysant qu’être à la campagne en France.
  2. Il serait intéressant de mettre en place les stages ouvriers qui sont tombés en désuétude alors que très formateurs ? 

Conseil Académique du Campus de la Transition des 24 et 25 juin 2022

Ateliers collectifs lors du Conseil Académique

Les ateliers 

Positionnement de l’offre du Campus au regard des évolutions de l’environnement

Il ressort de cet atelier que la mise en mouvement de l’ESR a été accélérée par le rapport Jouzel. Le questionnement sur ces évolutions, sur le positionnement du Campus et sur ses formations (qui former, à quoi, comment ?) fait ressortir :

Les forces : dimension holistique, systémique, « Corps-Coeur », H1/2/3.

Sur l’offre de formation : 

  • importance à former des formateurs
  • croiser les publics
  • plus de « Corps-Coeur »
  • donner du manuel une vision plus abordable / pratique avec des outils pédagogiques

Atelier essaimage

Le Campus a reçu un financement sur l’essaimage et a reçu la certification Qualiopi. L’atelier a parlé des besoins des essaimeurs, puis du retour de formations en essaimage : T-Campus à Arvieu et La Belle Transition. Les prochaines étapes ont été identifiées.

Atelier sur le manuel Vers une autre gestion 

Le manuel Vers une autre gestion est un outil qui permet une dynamique. Le manuel appelle à des applications concrètes : quels cours construire à partir de ça ? Comment intégrer concrètement les priorités identifiées ?

L’idée est de faire du petit manuel un moyen de créer des dynamiques dans les écoles, en s’appuyant sur des enseignants-chercheurs qui s’en inspirent.

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